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Yezhadur !

D 18 janvier 2012     H 16:36     A     C 0 messages


Il n’y a rien à faire, nos amis journalistes n’arrivent toujours pas à prononcer correctement la moindre expression en breton. Sur les ondes FM la sensation est vertigineuse. Par mimétisme, et c’est la bonne aubaine, les auditeurs reproduisent à force les même tics. Gare à l’éditorialiste ou rédacteur trop sensible à la « brittologie ». Personne ne fait un tant soit peu d’effort de prononciation quand il s’agit de la Bretagne. Maladresse pour beaucoup, faute de ne pas s’intéresser sérieusement à la question. Pire, certains humoristes ou animateurs perfides, que d’aucun prend pour vérité, entretiennent encore des railleries plus que douteuses (les intéressés se reconnaitront), à la manière des plaisanteries populaires. Ainsi donc, au pays des lumières, il est de bon ton d’écorcher, mépriser la culture des autres, en plus du racisme ambiant ou de la plus triste xénophobie. A la croisée des mondes l’on souffre trop souvent de jeu de mots ou de calembours, fientes du trait d’esprit passées dans les mœurs ! On s’en prend intrinsèquement à l’identité bretonne, à toute notion de bretonnité. Les médias françaises ont pris le relai de la débretonnisation instinctive alors qu’elles redoublent de vigilance quand on parle arabe ou perse. Le breton mérite-t-il moins que toutes les autres langues du monde ? N’y a-t-il rien d’autre à faire que d’éteindre tout enchantement indispensable à la vitalité d’un peuple ? Des maires courageux et opiniâtres réussissent à refaire en bilingue notre signalisation routière, au prix de contournements administratifs épineux, alors que d’autres bourgades s’empressent de franciser à tout va, pour satisfaire un nouvel évergétisme. Au royaume des abréviations, des néologismes prétentieux et des superlatifs délirants, on efface un peu plus la mémoire, donc la projection dans l’avenir. On dénigre plutôt que de valoriser. Tous les repères d’une bonne intégration dans un système social sont réduits à néant, alors que les hommes ont besoin de reconnaissance, de raison d’exister. Cette situation n’est plus tolérable, nous ne pouvons plus accepter la déformation grotesque, parfois outrancière, et systématique de notre langue et attendons un minimum crédibilité de la part de ceux qui sont sensés nous informer dans la plus totale impartialité. Que les figures emblématiques de la culture bretonne soient traitées avec autant de bienveillance que des BHL ou autres Houellebecq, que les Cheb Mami ou José Bové. Rien moins. Approchez les bretonnants, celtisants ; acteurs de l’audiovisuel, apprenez que c’h ou ch est guttural et se prononce ’rr. Ainsi Penmac’h s’oralise par Pèn-marh comme Plouezoc’h qu’on prononce Plouézorh, un peu à la façon hispanique. De même le son in n’existe pas en breton. Donc on prononce elvaine pour Elven, erdevène pour Erdeven, trémévène pour Tremeven, lepouliguène pour Le Pouliguen, etc. Ainsi une diffusion loyale et ‪éducative de la culture, bretonne en ce qui nous concerne, par les médias recomposerait la solidarité populaire. Mais on a supprimé presque toutes les émissions en breton. Alors il faut quelques dizaines de minutes de langue, musique, politique par semaine sur les chaines TV et radio, si possible aux heures de grande écoute. Les choses seraient facilitées si l’Etat français ratifiait à la fois la Charte Européenne de Langues Régionales et Minoritaires et la reconnaissance par la Constitution du breton, occitan, alsacien, corse, basque, etc. Il n’y a pas pire danger que d’effacer la mémoire d’un peuple, souvent dans le dessein de l’asservir. Tous les pays d’Europe l’ont bien compris, sauf un (devinez lequel), et reconnaissent officiellement les langues régionales, favorisent même leur enseignement. Qui osera ? Quand cessera-t-on d’écorcher parfois grivoisement nos idiomes, jusque dans les médias ? Soyons honnêtes, voyons ! ! !

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