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Pemoc’h Gouez

D 14 janvier 2015     H 11:07     A Ronan     C 0 messages


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Cochons

Pemoc'h Gouez

Le cochon, le porc, l’a-t-on oublié ? C’est l’animal le plus apprécié par nos ancêtres, vénéré même, le cousin sanglier. Méprisé de l’autre côté de la « mare » et bientôt de ce coté-ci, notre cochon a accompagné les populations occidentales, en tout cas européennes, plus sûrement dans les Gaules et bien-sûr dans la Celtie. Depuis les confins des temps reculés, d’après notre mémoire, notre mammifère suidé est le symbole de la force et du courage, représenté couramment sous forme de fibules, pendentifs et autres ustensiles à son effigie. Impressionnant par son comportement quand il s’agit de défendre son clan le sanglier, cochon sauvage de nos bois et forêts, est devenu l’emblème sacerdotal dans les anciennes sociétés celtiques ; animal hyperboréen, il est l’exemple type de l’autorité spirituelle.

De ce fait, autant que toutes nos traditions et pratiques cultuelles, le sanglier et le cochon ont été diabolisés, démonisés par les religions que sont le christianisme, l’islam et même le bouddhisme. Les animaux que nous retrouvons sur les blasons ou autres logotypes sont les aigles, lions, eux-mêmes supplantant le taureau ou l’ours, plus conformes à notre ancienne culture, des siècles et millénaires du même animal et personne n’y fait allusion. Pas un journal, pas une émission télévisée pour rappeler la noblesse de notre bête à soie sauf pour une campagne de dénigrement. En fait c’est l’homme latinisé qui est son véritable malheur ! C’est à cause de lui que notre « porcus singularis » est vulgarisé, parfois détesté ; une bestiole tout juste bonne à nourrir la « vulgus » de manière rentable, c’est la seule qualité qu’on lui prête. Tant pis pour la soit-disante pollution…

Mais ne nous y trompons pas notre ami pemoc’h-gouez est connu et respecté de puis les origines indo-européennes, donc les nôtres, et il connaît encore un relatif succès d’estime auprès de certains chasseurs et, plus aimables, des amateurs de bande dessinée par deux auteurs bien-connus. Il faut veiller toutefois à lui conserver son importance totémique dans la société moderne à laquelle les celtisants contemporains contribuent ; certains voudraient voir le mouton supplanter le « porcidé » dans l’optique de dénaturer nos habitudes ancestrales. Rassurons-nous : depuis deux-mille ans passés le ruminant frisé et bêlant, bien que sa chair soit elle aussi fameuse, n’a point réussi à détrôner le groin rose malgré les quolibets et autres clichés ridiculisant dont on veut bien l’affubler.

Faisons l’éloge du cochon, sauvage ou domestique ! Élevons-en un ou deux avec nos restes de tables ou à la farine d’orge et aux épluchures ! Et si on doit le sacrifier, que cela soit dans le travail et l’allégresse pour préparer l’hiver, pas facile voire impossible pour les urbains ; si on doit encore le sacrifier, que ce soit dans la paix et la liesse pour un banquet en plein air et sous les chênes (ou les pommiers).

Vivent les jours de cochonnaille dans le linge blanc et sous la lune !

Ce sont les millénaires du cochon celtique.

Portfolio

  • Cochon
  • Gaule, Elevage de cochons

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