PRÉSENTATION -- REPÈRES CHRONOLOGIQUES -- POUR LE DÉBUT DE L’HISTOIRE DES BRETONS -- LE RESCRIT D’HONORIUS -- LA RÉSIDENCE DU ROI MORVAN -- L’EXPÉDITION DE L’EMPEREUR LOUIS EN BRETAGNE EN 818 -- 818, ANNÉE FUNESTE" />
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La naissance des Nations brittoniques

D 8 juillet 2013     H 21:56     A     C 0 messages


 L'EXPÉDITION DE L'EMPEREUR LOUIS EN BRETAGNE EN 818

Après la mort, en 814, de Charlemagne, son fils Louis se voyait à l’ouest face au problème récurrent de l’Armorique bretonne qui refusait la tutelle impériale. A son tour il entreprit de soumettre cette péninsule rétive. Ses premières tentatives, dont nous ignorons la date et les péripéties, furent des échecs, si nous en croyons la Vita de s. Frédéric d’Utrecht (+836). En 818 il prit la tête d’une expédition qui partit de Vannes. L’évêché vannetais était en effet aux mains des Francs depuis 753, lorsque Pépin le Bref avait occupé Vannes.

Les historiens modernes décrivent sommairement cette expédition comme une marche de Vannes jusqu’à l’actuel Prisiac, sur le bord de l’Ellé et à quelques 5km du Miné-Morvan en Langonnet, supposé être la résidence du « Roi Morvan ». On admet ainsi que c’est là qu’eut lieu l’escarmouche qui couta la vie au chef breton et on affirme que c’est là que se situe la Brisiaci sylva auprès de laquelle l’abbé de Landévennec vint faire sa soumission à l’empereur franc.

D’autres (OB 33) s’en tiennent de plus près au nom de Brisiacum et situent l’entrevue de Matmonoc à Briec. L’itinéraire aurait ainsi pu être, suivant les noms modernes, de Vannes par Kemperlé jusqu’à Rosporden, puis par Elliant et Langolen, jusqu’à Briec. Itinéraire rationnel puisqu’il prend au plus près la direction du vrai repaire de Morvan, c’est-à-dire Le Faou comme nous le montrons plus loin.

Cependant les Annales de Lausanne indiquent pour 818 que l’empereur fit campagne jusque Corophesium. L’ensemble des chercheurs, depuis le XIXème siècle, a compris que Corophesium était la corruption de Cori(o)sopitum, jusqu’à ce que L.Fleuriot n’avance l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de Carhaix. De cette hypothèse B.Tanguy a tiré un chapelet d’hypothèses linguistiquement indéfendables (comme nous l’avons démontré par ailleurs). On peut donc maintenir sans crainte que Corophesium est bien Kemper-Corentin. La forme aberrante Corophesium pourrait provenir d’une interprétation latine de Kerfonton par *Coriofons, et d’une abréviation *Corofs. D’ailleurs, si Louis avait été à Carhaix le lieu de la rencontre avec Matmonoc ne s’expliquerait ni pour Briec ni pour Prisiac.

Les partisans de Prisiac invoquent le fait que le Cartulaire de Landévennec situe l’entrevue Louis-Matmonoc à proximité de
l’Ellé. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’Ellé était une ancienne limite de « cité », avant de séparer les pays bretons de Bas-Vannetais et de Haute-Cornouaille. A l’époque de Louis le Pieux elle représentait la frontière entre le pays occupé par les Francs et le pays insoumis et devait être un repère géographique bien connu. Le franchissement de l’Ellé par l’armée impériale était donc un point crucial des opérations.

Si l’armée franque avait été à Prisiac elle aurait été bien loin de Landévennec (à vol d’oiseau 70km, le double par monts et vaux) et Matmonoc aurait aisément pu rester sourd à la convocation de l’empereur. Tel n’était plus le cas à Briec (30km à vol d’oiseau), surtout après la mort de Morvan qui livrait le pays aux envahisseurs. Pour gagner Briec, paroisse dans laquelle l’abbaye de Landévennec avait des possessions, Matmonoc a dû prendre la voie fluviale et remonter l’Aulne jusqu’à Pont Coblant, à 12km de Briec. On admet (PACB 201) que le pays situé entre le cours de l’Aulne et celui de l’Odet était une zône forestière. La mention de Brisiaci sylva pourrait le confirmer.

Du point devue de l’armée en campagne il est logique d’admettre l’information des Annales de Lausanne. Corisopitum signifie « point d’eau d’armée »et se prête donc à un bivouac. De Kerfeunteun à Briec il y a 15km de route, alors que par Elliant la progression eut été laborieuse.

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