PRÉSENTATION -- REPÈRES CHRONOLOGIQUES -- POUR LE DÉBUT DE L’HISTOIRE DES BRETONS -- LE RESCRIT D’HONORIUS -- LA RÉSIDENCE DU ROI MORVAN -- L’EXPÉDITION DE L’EMPEREUR LOUIS EN BRETAGNE EN 818 -- 818, ANNÉE FUNESTE" />
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La naissance des Nations brittoniques

D 8 juillet 2013     H 21:56     A     C 0 messages


 REPÈRES CHRONOLOGIQUES

 POUR LE DÉBUT DE L'HISTOIRE DES BRETONS

La confusion qui règne encore sur le début de l’histoire des Bretons tient à une chronologie radicalement faussée qui s’est imposée depuis Dom Lobineau, mais qui a surtout reçu l’aval d’Arthur de La Borderie. Elle repose uniquement sur une brève interpolation dans la généalogie domnonéenne dans la seconde vie de s.Winnoc. Cette interpolation d’un clerc franc prétend que Riwal vint en Armorique tempore regis Clotarii « du temps du roi Clotaire », d’où La Borderie a calculé que c’était en l’an 514.

Cette interpolation carolingienne est en accord avec la prétention carolingienne que les Francs avaient précédé les Bretons en Gallia et qu’ils étaient venus en demandeurs d’asile. Elle en est donc plus que suspecte.

L’adoption de cette date fut lourde de conséquences. Ainsi, en 1953, le grand linguiste Kenneth Jackson accepta cette date, dans son ouvrage Language and History in Early Britain, comme date marquant la séparation du gallois du breton armoricain (non sans observer qu’elle n’était pas facile à concilier avec les faits linguistiques). Le résultat en est catastrophique : il ne suffit pas de décaler les dates avancées par K.J., car ce sont les relations du brittonique avec le celtique armoricain, le latin et le gallo-roman qui sont radicalement brouillées. (Dans ma Petite Histoire Linguistique de la Bretagne je redresse brièvement les perspectives).

Les hagiographes ont également accepté cette date, si bien que bon nombre de saints bretons se trouvent postdatés, comme on le verra plus loin. La fondation de Landevennec, par exemple, est retardée d’un siècle. Il est donc essentiel de bien marquer les repères chronologiques assurés qui nous sont donnés par des personnages historiques et des événements indiscutables.

Nous en avons retenu trois :

- la campagne de Cunedag contre les Scots en 400 ;

- l’évêque breton Faust de Riez (repère 428).

- le général Riotamus et son aïeul Gerontius (repère 469)

400

Campagne navale de Cunedag, Corotic & frères contre les Scots de l’ouest de la Britannie.

Source : le panégyriste Claidien, confirmé par l’Historia Brittonum, ch.62. (Cette datation était déjà donnée par l’historien britannique Conybeare, en 1903.)

Evénements ainsi datés :

- Création de la province Coroticiana en Galles.

- Enlèvement et viol de Meleri, fille de Brochan, par Coritic.

- Lettre de remontrance de Patrick à Corotic.

- Naissance de Dewi, fils de Meleri (=Nonn) et de Corotic, en 401.

- Essaimage de la Cornowia-Ccornwalia et donc établissment des troupes britto-cornoviennes en Armorique

428

Première mention de la présence de Faustus, fils de Wortigern et de Seuira, fille de Magnus Maximus, au monastère de Lérins en Provence. Il en devient abbé en 434.

Faustus, (apelé d’abord Bredôe) était donc né environ entre 400 et 410. La stèle d’Eliseg, prince de Powys, mentionne que Faustus enfant, donc entre 405 et 415, avait eu pour maître spirituel un Germanus. Celui-ci ne pouvait donc pas être Germain l’Auxerrois, qui ne vint en Britannie qu’en 428. Ce Germanus dut être le compagnon de s. Jean Cassien en Egypte, qui avait été ordonné prêtre par s. Jean Chrysostome à Constantinople. Le même peut avoir été le compagnon de Patric, qui devint évêque de l’île de Man.

En 439 Faustus est élu abbé de Lérins et est connu par la profondeur de ses traités théologiques. En 466 il est appelé comme évêque dans les Alpes, à Riez (appartenant alors au domaine des Burgondes, alliés des Bretons). Il est très demandé comme prédicateur (ses sermons sont conservés). Il est ami de l’écrivain-évêque Sidoine Apollinaire qui lui rend visite à Riez où il fait la connaissance de sa mère et de l’un de ses frères, Mémorius. Faustus reçoit aussi la visite de son neveu Riocatus, « évêque et moine », -notre Riagat- qui vient chercher ses manuscrits pour les amener en Armorique.

On voit par là qu’au Vème siècle les Bretons étaient très présents en Armorique et au-delà, qu’ils y étaient des citoyens à part entière, estimés et respectés.

La date de Faust indique que le rôle politique de son père Wortigerb doit avoir débuté avant la venue de Théodode en Britannie (370) et que les campagnes de son frère ainé Wortemir contre les « Saxoss » insrgés eurent lieu au 4ème siècle.

Ceci sera traité en détail dans le contexte historique.

469

Le chef d’armée breton Riotamos (latinisé en Riotimus) mène, contre les Goths du roi Euric, une campagne - victorieuse, contrairement à l’affirmation de Jornandès, historien des Goths, reprise par Grégoire de Tours- . Date bien attestée. Riotam a sa place dans la généalogie de s.Winnoc, qui débute avec Gerenton (Gerontius), dont la carrière militaire débuta en 370 et qui périt en 411. Entre les deux, dans la généalogie, se trouve Riwal.

Celui-ci ne peut donc avoir été contemporain du franc Clotaire, (+561), comme l’a affirmé A. de La Borderie, mais bien de l’empereur Honorius (+423).

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