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La Bretagne et son Histoire

D 16 janvier 2011     H 18:59     A     C 0 messages


Les Bretons en Armorique

A) L’immigration bretonne

Nous avons déjà vu que l’installation des Angles et des Saxons en Grande-Bretagne détermina les Bretons, dépossédés de leurs terres, à venir chercher refuge en Armorique.
On ne sait pas grand-chose de certain sur l’accueil que reçurent les bandes d’immigrants qui se succédèrent depuis l’an 440 jusque vers l’an 600. Sans doute la conquête ne souleva-t-elle pas de résistance dans les parties les plus désertes alors vastes de la péninsule. Mais là où les populations primitives étaient demeurées suffisamment denses, des heurts se produisirent. Ce fut le cas, à la fin du VIe siècle, dans le pays des Vénètes où le chef breton WAROCH dut s’imposer par la force.

B) Les saints nationaux de la Bretagne-Armorique

Qui étaient-ils ? L’examen d’une bonne carte de Bretagne permet d’y relever une multitude de lieux (communes, hameaux, chapelles, fontaines) qui portent le nom d’un « saint ». La plupart de ces « saints » sont venus avec les immigrants déjà convertis au christianisme, tandis que l’Armorique était demeurée en grande partie païenne. L’existence de beaucoup d’entre eux ne nous est connue que par les légendes dorées dont s’entourent leurs noms. Citons Guénolé, fondateur du monastère de Landévennec ; Corentin, évêque de Quimper ; Guénaël, lequel s’établit à Groix ; Gildas, fondateur du monastère de Rhuys ; Hervé, le barde aveugle et dompteur de loups ; Tugdual, Malo, Méen, Ronan, Méloir, Gunthiern, sans compter les saintes : Gwenn, Trifine, Noluen, Nennoc’h, et une foule de personnages qui furent tous des bienfaiteurs publics. La reconnaissance du peuple les a portés sur les autels.
Un culte spécial fut voué aux fondateurs d’évêchés : les « Sept Saints » de Bretagne : Corentin (Quimper), Pol Aurélien (Saint-Pol-de Léon), Tugdual ou Tudal Tréguier), Brieuc (Saint-Brieuc), Samson (Dol), Malo (Saint-Malo) et Patern (Vannes). Le pèlerinage que chaque Breton était tenu de faire au moins une fois à leurs sanctuaires, prenait le nom de « Tro Breiz » (Tour de Bretagne).
L’ œuvre religieuse, économique et politique des « saints » bretons. A l’arrivée des Bretons en Armorique, les deux grands évêchés, gallo-romains de Rennes et de Nantes étaient seuls convenablement organisés. Le principal de l’œuvre des « saints » fut de mettre sur pied une organisation religieuse. On leur doit la création des évêchés de Quimper, Léon, Vannes, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Dol, ainsi que la fondation des paroisses primitives, celles dont le nom commence par « plou » (Ploudaniel, Plouédern...). Les « lan » supposent l’existence d’une « terre consacrée », église ou plus souvent monastère (Lannilis, Landévennec). Les « tré » correspondent à des trêves, c’est-à-dire des subdivisions de la paroisse primitive. Les « loc » (ermitage) sont de formation plus récente (Locmélar...). Enfin les nombreux Ker (en Haute-Bretagne, Guer, Car...) sont de formation tardive ; ils ont désigné initialement des domaines ruraux (latin « villa »),puis des localités (français « ville »), de nos jours le motkera le sens plus restrictif de maison, foyer.
A l’actif des « saints » bretons figure aussi la mise en valeur des terres, commencée autour des monastères par le défrichement des forêts. De plus, ils furent, sinon toujours des chefs politiques, tel Conwoïon, du moins très souvent des conseillers des chefs locaux.

C) Organisation politique

L’autorité politique s’exerçait dans le cadre de principautés dont les trois les plus importantes étaient le BRO-EREC,notre Morbihan d’aujourd’hui, la CORNOUAILLE et la DOMNONÉE, qui s’étendait du Léon au Mont Saint-Michel.
Le personnage le plus célèbre de la Cornouaille a été le roi GRADLON, contemporain de saint Guénolé et de saint Corentin. Son nom demeure attaché à la légende de la ville d’Is et au souvenir de sa fille, la belle Dahut ou Ahès.
Au souvenir de la Domnonée, se rattachent le nom légendaire de CONOMOR, une sorte de Barbe-Bleue qui martyrisa sa femme, sainte Trifine ; et celui de saint Judicaël, contemporain de Dagobert.

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