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La Bretagne et son Histoire

D 16 janvier 2011     H 18:59     A     C 0 messages


La Bretagne, province française

A) Le nouveau régime politique et administratif

La Bretagne fut désormais administrée par un gouverneur, représentant du roi de France dans la province. Ce haut personnage, souvent absent, était ordinairement remplacé par un lieutenant général. A partir du règne de Louis XIV jusqu’à la Révolution, les intendants furent les agents dévoués de l’absolutisme royal.
Les États de Bretagne se composaient de la noblesse, de représentants du clergé et de bourgeois de quarante villes. Ils se réunissaient tous les deux ans (une fois par an avant 1630) et leurs sessions duraient plusieurs mois. En matière d’impôt, leur autorité était souveraine.
Le Parlement enregistrait les édits du roi. C’était une cour de justice qui disposait aussi de pouvoirs administratifs et politiques, pouvant intervenir en matière de religion, d’enseignement, de santé publique, de police, etc. Défenseur de la légalité et du droit, le Parlement de Bretagne dut jouer, à plusieurs reprises, le rôle de rempart contre les excès du pouvoir central.

B) Les guerres de la Ligue

Malgré l’adhésion de grands seigneurs comme les Rohan, le protestantisme ne connut pas de succès durables en Bretagne. Les guerres de religion n’épargnèrent pourtant pas la province.
Le gouverneur, le duc de Mercœur, marié à une héritière directe de la famille bretonne de Penthièvre, pensa restaurer à son profit le duché de Bretagne. Il s’opposa au futur Henri IV, alors huguenot, et se fit un des chefs de la Ligue. Les protestants firent appel aux Anglais, tandis que les Espagnols accoururent au secours des Ligueurs. Pendant neuf années consécutives, la province se trouva en proie aux factions. Villes et campagnes furent dévastées par des chefs de bandes dont le plus célèbre, Guy de la Fontenelle, mit à sac la Cornouaille. Au siècle dernier, le souvenir de ses sinistres horreurs vivait encore dans la mémoire du peuple.
Finalement Mercœur se soumit à Henri IV, à Nantes, en 1598. C’est dans cette ville que le roi signa le fameux édit de tolérance religieuse donnant la paix à tous.

C) La révolte du Papier Timbré (1675)

Sous Louis XIV devait éclater une révolte populaire et paysanne connue sous le nom de Révolte du Papier timbré ou des Bonnets rouges. Elle avait été provoquée par la prétention du roi de percevoir des droits sur le tabac, sur la vaisselle d’étain et de vouloir instituer le papier timbré. Des émeutes éclatèrent à Rennes, Nantes et Guingamp ; les campagnes se soulevèrent. Les paysans de Cornouaille, en particulier, dressèrent un Code paysan où étaient déjà formulées les revendications de caractère révolutionnaire qui seront reprises dans les cahiers de 1789.
Le chef des révoltés de la région de Carhaix, Sébastien Le Balp, pensait marcher sur Morlaix, puis sur Quimper, lorsqu’il fut surpris et abattu. La révolte matée, une répression féroce s’ensuivit. Elle a fait le déshonneur du duc de Chaulnes, alors gouverneur de Bretagne. Dix mille hommes de troupe occupèrent la province et commirent des excès inouïs. Mme de Sévigné a parlé dans ses lettres des « vilaines langues » des milliers de paysans qui furent pendus aux branches, le long des routes. Le Parlement, coupable de n’avoir pas contenu la révolte, fut exilé à Vannes.

D) La conspiration de Pontcallec (1720)

Une autre révolte couva plus tard au XVIIIe siècle, sous la Régence. Ce fut le complot dit de Cellamare où se trouvèrent impliqués quelques gentilshommes, groupés dans l’association des Frères Bretons dont l’objet était d’obtenir, avec l’appui de l’Espagne, la restauration des privilèges de la province. Trahis, les conjurés durent pour la plupart leur salut à la fuite. Mais quatre d’entre eux, le marquis de Pontcallec, de Talhouët, de Montlouls et du Couëdic, furent arrêtés, jugés et décapités sur la place du Bouffay à Nantes, le 26 mars 1720.

E) L’affaire de Bretagne

Pendant tout le XVIIIe siècle, les États de Bretagne s’opposèrent au pouvoir royal dont les exigences en matière d’impôts ne cessaient de croître.
En 1765, le duc d’Aiguillon, « commandant en chef » de la province, entra en conflit avec les États, puis avec le Parlement. Le chef de l’opposition, le procureur général de la Chalotais, déjà célèbre par sa lutte contre les Jésuites et par son « Essai sur l’éducation nationale », fut arrêté et emprisonné au château du Taureau, près de Morlaix. Tout le pays prit parti pour le Parlement dont les membres avaient démissionné en bloc. Le duc d’Aiguillon dut abandonner ses fonctions.

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