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Après les peuples des mégalithes…

D 14 juin 2017     H 11:21     A Ronan     C 0 messages


 « HORIZON » DES CELTES

Vision du monde. Pas de nation celte ni gauloise. Il serait absolument anachronique de croire qu’à travers leur diversités, les Celtes sentaient si peu que ce soit une solidarité celtique. Leur bloc principal, à partie de la Tène, à savoir les Gaulois, n’avait pas davantage cette solidarité nationale avant la lettre.
Que se produisait-il lorsque le roi arverne Vercingétorix entreprit la lutte contre Jules César ? Il existait sans aucun doute une profonde xénophobie, une haine de la domination par l’étranger, mais il n’existait vraisemblablement pas de « patrie » gauloise. Il y avait des peuplades dont certaines essayaient de dominer les autres. Ce fut le cas de celle des Arvernes. La coalition que réunit Vercingétorix comprend dans l’ensemble tous les peuples, de l’Atlantique et du centre de la Gaule entre Seine et Garonne.
Elle s’agrandit après sa victoire à Gergovie. Il est hors de doute que cette coalition devant le danger n’aurait pas tenu en cas de victoire. Les Gaulois étaient mus par une tendance conquérante « impérialiste ».

Influence grecque directe. Les Celtes ont une vision beaucoup plus précise du monde oriental qu’on ne pourrait l’imaginer. Dès le 6ème siècle avant J.C. l’influence de la civilisation grecque a existé et on a retrouvé même à l’intérieur du pays, des mots d’origine grecque généralement techniques : météorologie, navigation, pêche, greffe. La puissante influence que la civilisation grecque exercera plus tard, via Rome, sur l’Europe occidentale, est doc précédée par une phase où les Grecs sont apparus bien avant la conquête romaine.
L’historien Hatt explique ainsi la facilité avec laquelle les diverses parties du monde celtique conquises par les Romains se sont assimilées à la culture gréco-romaine. Mais notons que les quelques 500 inscriptions que Michel Lejeune a trouvées en Gaule sont très brèves (dédicaces, épitaphes, marques sur la vaisselle domestique). Bien plus, on y utilise l’écriture grecque pour transcrire les dialectes celtes. De même, les Gaulois cisalpins, plus à l’est, se servaient de l’alphabet étrusque.

Apparition des Germains. Les Celtes ont eu à se préoccuper des Germains.
Ceux-ci apparaissent au nord et au nord-est à l’époque de la Tène. Les diverses tribus dont on parle alors : Suèves, Marcomans, font pâle figure auprès des Celtes. Quant aux Cimbres et aux Teutons qui envahissent l’Italie du nord en 113 avant J.C. avant d’être écrasés par un général romain une dizaine d’années plus tard, certains historiens se sont demandés s’ils étaient réellement de purs Germains, leurs chefs portant des noms celtiques. Sur le plan racial, les Germains sont sans doute plus grands et plus blonds en moyenne que les Gaulois. Mais ceux-ci se teignant les cheveux en rouge pour la queue, la distinction est donc parfois subtile. Et, une fois de plus, le racisme apparaît bien comme un mythe, d’autant plus que les Celtes et les Germains n’eurent guère de peine à s’assimiler les uns aux autres, surtout après la victoire de César sur les Gaulois, et l’occupation romaine incita ces derniers à émigrer vers l’Est.

Ce qui reste des langues celtiques. A la différence des flots ultérieurs italiotes et germains qui ont donné naissance à presque toutes les langues parlées en Europe, les langues celtiques n’ont laissé que des dialectes locaux, en plus des mots qui ont subsisté en particulier dans notre langue.
Ces dialectes, on les entend en Bretagne, en Ecosse, dans l’île de Man, en Irlande. Là, le cas est un peu particulier : si partout ailleurs ces dialectes sont menacés, la langue celtique est devenue langue nationale depuis l’indépendance de l’Etat.
C’est dans ces noms de lieux que l’on trouve les traces celtiques les plus profondes. Cela est valable surtout en Irlande, en Grande-Bretagne, en France. Mais l’expansion est beaucoup large. Le maximum de densité des mots celtiques se trouve en Allemagne occidentale, entre le Rhin et le Danube. Tous les affluents de la rive droite du Rhin, du Neckar à la Lippe, ont des noms celtiques. Donnons quelques exemples : la finale dun semble signifier lieu élevé ou forteresse. Lugdunum a donné Lyon, mais pensons aussi à Châteaudun, à Verdun. La finale briga signifie également forteresse : mentionnons Conimbriga, aujourd’hui Coimbra, au Portugal. La finale magos signifie plaine et est conservée dans Duromagus- Dormagen près de Düsseldorf, Novromagus-Neumagen près de Trèves, Rigomagus-Remagen près de Coblence, Nijmegen aux Pays-Bas. L’exemple le plus intéressant est celui de l’eau. En celtique dubro ou dubra donne le nom actuel de rivières ou de villes voisines de ces cours d’eau : la Douvres dans la Calvados, la Dobra (affluent de la Sella en Espagne), le Vernoublan (de Vernodubra, rivière fribourgeoise).