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Après les peuples des mégalithes…

D 14 juin 2017     H 11:21     A Ronan     C 0 messages


 LE DEUXIÈME ÂGE DU FER : la brillante civilisation de la Tène.

Entre 500 et 450 avant J.C. apparaît eu sein du celtique « plus au nord, entre Meuse et Main-Neckar, une civilisation très originale, très nouvelle, très personnelle, qui entretient des relations avec l’est euro-asiatique et le monde méditerranéen, tout en étant parfaitement autonome. Cette civilisation conquérante deviendra celle de la Tène », pour citer une fois de plus J.J. Hatt.

L’originalité de l’âge de la Tène. La liaison avec Hallstatt est évidente : aristocratie foncière, tombes à chars, paysannerie aisée, artisanat habile. Mais tout y devient plus brillant et plus riche.
L’aristocratie est plus nombreuse, dans les tombes on trouve des chars à deux roues mais aussi des objets parfois somptueux. Les paysans paraissent plus aisés, ils utilisent la charrue à roues et non l’araire. On cultive des prairies pour l’élevage, avec des faux de fer. Ainsi on pratique un « élevage plus rationnel grâce aux réserves de foin » comme le fait remarquer J.J. Hatt. Richesse et explosion démographique s’accompagnent de défrichages étendus. Dans le domaine de l’art, on remarque que les objets étrusques pullulent mais qu’un art tout à fait indépendant et également splendide prend naissance. C’est alors que se produisent les invasions de l’Italie du nord. Toute une partie du monde celtique comprise entre l’océan, la Manche, le Rhin, les Alpes, la Méditerranée et les Pyrénées prend un nom inventé par les Romains « la Gaule ». Au-delà des Alpes c’est la Gaule cisalpine des Romains précédemment mentionnée.

C’est à partir également du 4ème siècle que se développera un mouvement d’urbanisation. Finalement, alors que les Celtes de Hallstat se présentaient comme des groupes régionaux morcelés, Hatt souligne que « la civilisation de la Tène est, dès son origine, homogène, nationale, conquérante ».

Villes et campagnes. Les Celtes ont déjà de petites villes. Il en est de deux sortes. A l’intérieur, ce sont des forteresses qui se ressemblent énormément de la Bohème à l’Armorique. Près de la côte méditerranéenne, on voit se développer de vraies villes gréco-romaines, dont un bel exemple est Glanum, à côté de Saint Rémy-de-Provence.
Les maisons presque toujours en bois sont généralement rectangulaires, sauf en Grande-Bretagne où la forme circulaire est toujours restée dominante.

Un peuple de paysans. Les Celtes ont été principalement des paysans. L’agriculture a nettement progressé depuis les hommes des mégalithes. Les Celtes possèdent la faucille mais inventent une espèce de moissonneuse à lames de fer dont Pline l’Ancien au 1er siècle après J.C. nous a laissé une description. Ils créent, nous l’avons vu, la charrue à roues, à l’origine de la structure agraire en champs ouverts.
Mais le bocage existe aussi avec un habitat plus dispersé et des parcelles entourées, soit de murs de pierres sèches, soit de haies végétales, soit de vastes talus surmontés d’arbres ou d’arbustes. L’Irlande, les Cornouailles, le Pays de Galles, toute la France de l’ouest et en règle générale tous les pays où l’élevage bovin l’emporte sur l’agriculture, possèdent cette structure.
Une autre preuve de cette prédominance agricole réside dans le nombre de mots celtiques qui, dans une langue latine comme le français, ont été adoptés : charrue, soc, marne, glaise, lande, breuil, bruyère, javelle, glaner, arpent , chemin et finalement le mot agricole par excellence : blé, qui vient du celtique bladum. Les autres langues européennes possèdent également des mots d’origine celtique mais en moins grand nombre.
Les Celtes sont un vaste groupe de peuples apparentés mais pourtant différents les uns des autres et dont la religion apparaît comme une branche originale d’une vaste famille de religions indo-européennes. Ils connaissent l’écriture mais ne semblent pas avoir eu de littérature écrite. Socialement ils se sont organisés ainsi : d’abord une classe de guerriers et au-dessus, les chevaliers aux tombes glorieuses. Il y a aussi les marchands aux horizons professionnels plus larges, près d’eux les prêtres, les druides, peut-être aussi poètes literati et guérisseurs.
L’esclavage n’existait guère sauf sous la forme de la vente aux gens riches du sud méditerranéen. Peut-être les druides introduisaient-ils une certaine douceur dans une civilisation guerrière et brutale car on sait, par des sources littéraires postérieures, qu’il y avait des sacrifices humains.

Les dieux gaulois. On ne connait vraiment les dieux gaulois qu’après la conquête romaine. Le panthéon gaulois va alors être assimilé progressivement, mais artificiellement, au panthéon romain. On perçoit l’existence d’une déesse-mère, de dieux d’outre-tombe et au-dessus, la triade formée par Esus, Teutates, Taunis, peut-être même un dieu suprême qui pourra devenir un dieu unique.