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Après les peuples des mégalithes…

D 14 juin 2017     H 11:21     A Ronan     C 0 messages


 LE PREMIER ÂGE DU FER DU HALLSTATT, où l'éveil de l'Occident

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Peuples celtes

S’il fallait donner un nom à la période qui va du 8ème siècle au 5ème siècle avant notre ère, nous l’appellerions volontiers « l’Eveil de l’Occident ». Cette époque est, pour l’évolution de la civilisation gauloise, absolument capitale. En effet, « les Celtes d’une part entrent alors dans l’histoire, et d’autre part se crée une forme d’art, une civilisation qui leur est propre », écrit Jean-Jacques Hatt. Cette civilisation est alors très hétérogène et constituée de multiples variétés régionales.

Les invasions des Celtes. D’Europe centrale, les Celtes sont poussés vers l’ouest par une invasion de cavaliers venus du sud de la Russie. Ces derniers apportent avec eux des techniques ou des méthodes que les Celtes adopteront : le harnachement des chevaux, le char léger de combat à deux roues et plus décisif encore le fer, sous la forme de longues épées particulièrement adaptées au combat à cheval.

Italie du nord. L’invasion va durer jusqu’au 5ème siècle. Elle présente une allure désordonnée faite d’avancées dans toutes les directions. La civilisation celtique de Hallstatt s’étend vers la Tchécoslovaquie à l’ouest, vers l’Allemagne au nord, vers la vallée du Rhône et l’Aquitaine, vers toute la moitié nord de l’Espagne. Aux environs de 500 avant J.C. un flot d’immigrants celtiques traverse les Alpes et s’installent dans la plaine du Pô, dans la Gaule cisalpine. Ils prennent Rome en 390 avant J.C.

Certains d’entre eux passent en Grèce où ils pillent Delphes au passage et en Anatolie où on les appelle les Galates, nom apparenté à une de leurs branches, les Gaulois.

Iles britanniques. Certaines branches s’étendent vers le nord-ouest et notamment vers les Îles britanniques. Deux déplacements se succèdent. Le premier est celui des Goidels qui vont jusqu’à l’Irlande et s’y installent durablement. Ils se mêlent à la population indigène et lui imposent leur langue celtique. Le deuxième voyage est celui des Brittones (d’où British, Britain, Bretagne) qui envahissent la Grande-Bretagne dont le nom préceltique était Albion, mot indo-européen se rattachant au latin albus : blanc. Les Bretons utilisent le fer à partir du milieu du 4ème siècle avant J.C.

Rareté des Celtes en Europe du nord. On notera que les Celtes n’ont point atteint ou très peu le Danemark actuel, les régions septentrionales de l’Allemagne et de la Scandinavie du nord. Là est en train de se développer une autre grande famille d’indo-européens, les Germains. On notera aussi qu’au sud de la plaine du Pô et au-delà de l’Apennin, les Celtes, malgré diverses incursions tardives, se heurtent aux Etrusques, population venue semble-t-il, du nord-est, aux Italiotes et aux Grecs qui s’installent alors en Italie du nord et en Sicile.

Les tombes à chars. Alors que vers 900 avant J.C. les cimetières étaient encore totalement constitués de champs d’urnes, on voit apparaître entre 800 et 750 avant J.C. c’est-à-dire avec les débuts de Hallstatt, une nouvelle pratique mortuaire : les tumili et les fossés circulaires.
Ces fossés ne sont « que des fosses à sacrifices destinées à permettre une communication entre les hommes et les puissances souterraines protectrices des morts et dispensatrices de richesses ». Ces tombes, d’abord peu garnies de mobilier, vont s’enrichir à la fin du 7ème siècle. On peut alors parler de « tombes de chevaliers ». Les morts qu’on a découverts étaient ensevelis avec des pièces de harnachement, des mors de chevaux et les exemples les plus anciens de telles inhumations se situent en Bavière et en Hongrie, mais n’oublions pas non plus les découvertes de Court-Saint-André en Belgique, de Sesto Labule en Italie du nord, de Mailhac dans le Languedoc et de Vix-les-Joyeuses en Bourgogne.
Les contacts existants alors entre Bourgogne et Flandres annoncent et expliquent peut-être la Grande Bourgogne du 15ème siècle après J.C.
Avec les armes et les harnachements apparaissent les chars. D’abord les gros chars à quatre roues, puis, plus légères sous influence étrusque et illyrienne, des chars à deux roues que les Hittites et les Egyptiens utilisaient mille ans auparavant. Ce qui veut dire qu’une classe nouvelle, celle des chevaliers côtoie la masse paysanne et les commerçants. A l’époque de la Tène s’ajouteront aux richesses funéraires de merveilleux bijoux d’or, d’argent et de bronze, comme on le verra par la suite.

La naissance du grand commerce. Dès la fin du 8ème siècle avant J.C. (quantité de découvertes récentes l’attestent) arrivent en plein continent des objets fabriqués dans les régions méditerranéennes, principalement en Etrurie, en Italie du nord, en Grèce. Patiemment, les archéologues reconstituent les axes de ce commerce qui suppose sur le continent un tracé de routes, en tous cas de pistes, et par mer la création de multiples comptoirs et entrepôts.

Les routes continentales. Sur le continent, on distingue plusieurs grandes voies principales. L’une part du Languedoc, puis, à partir du 6ème siècle, de Marseille alors appelé Massalia. Elle remonte la vallée du Rhône, de la Saône, bifurque d’un côté vers l’Europe du nord et la Grande Bretagne, de l’autre vers l’Armorique. La deuxième grande route rejoint la Suisse par les cols des Alpes puis l’Alsace. Une autre est celle du Danube. Des Balkans, en suivant le fleuve on la remonte jusqu’au seuil aboutissant à la vallée du Rhin où elle rejoint les autres itinéraires.

Les routes maritimes et les peuples de l’alphabet. Les routes maritimes sont plus intéressantes encore. Trois peuples marins se disputent les côtes occidentales de la Méditerranée, voire celles de l’ Atlantique. Ce sont, de manière successives ou simultanées les Phéniciens puis leur colonie de Carthage, les Grecs et les Etrusques.
Outre le perfectionnement de leurs navires, ces trois peuples possèdent alors une admirable richesse : l’alphabet, inventé par les Phéniciens.
Cet alphabet, on le voit utilisé pour la première fois sur un sarcophage datant du 12ème siècle avant J.C. Les alphabets grecs, étrusques, latins, et plus tard cyrilliques, en dériveront.
Ces peuples instruits n’avaient pas découvert la grande circumnavigation. Les hommes des mégalithes, nous l’avons vu, naviguaient notamment entre la Grande Bretagne et l’Armorique, entre l’Armorique et le nord de l’Espagne. Au début du bronze il y eut même une sorte de paroxysme du commerce naval comme en témoigne l’extraordinaire dispersion de ce qu’on appelle les « cratères en forme de cloche » ou « campaniformes » ou encore selon les Anglais, « the bell-beaker civilization ».
Avec l’âge de fer, la navigation prend une importance considérable. Les Phéniciens, les Grecs puis les Etrusques, mais ceux-ci de façon plus limitée et dans la seule Méditerranée, créent des comptoirs.
A partir de ces comptoirs, on se lance vers l’intérieur par la route et vers l’Atlantique par la mer. Ce sera le cas du Carthaginois Himilcon, puis du Grec massalière Pythéas qui entre 332 et 312, fait un vaste périple en mer du Nord.
Quant à la nature du commerce, on voit que les Européens occidentaux ont importé de la poterie, des bijoux, des armes, des boucliers, des fibules mais aussi du sel et, fait important, des amphores de vin. L’arrivée du vin et bientôt de la culture de la vigne vont devenir l’un des grands traits de la civilisation occidentale. Détail intéressant : les Celtes inventèrent les tonneaux de bois cerclés de fer beaucoup pratiques que les amphores méditerranéennes.
Que pouvaient exporter les occidentaux ? Essentiellement de l’ambre provenant en majeure partie de la Baltique, très appréciée en bijouterie antique, du cuivre et de l’étain. Ils devaient également vendre des esclaves, préfiguration de la traite des Africains à l’époque moderne.